Auteur : Le pianomandoline

Dos de lieu jaune, écrasée de pommes de terre et tombée d’épinards

D’apparence rustique, cette assiette bien plus raffinée qu’elle n’y paraît vous chatouillera les papilles grâce à une sauce aussi douce qu’exotique. Si elle assure la liaison et fait tout le charme de ce plat, c’est qu’il y a forcément du Jùnius Meyvant dans cette recette, sorte de viking islandais qui enfile les perles et fabrique des petits bijoux de mélodie avec trois fois rien et beaucoup de délicatesse.

Fenouil, orange sanguine et noisette

Quand la saison des agrumes touche à sa fin, l’orange connaît alors ses derniers battements. Elle pleure, saigne, puis s’efface devant l’arrivée des légumes de printemps, du fenouil et de cette asperge verte qui a comme un goût d’huile de cameline. Et si au terme d’un cycle succède toujours le début d’un autre, reste cet amer trait d’union qu’est la nostalgie, celle de la séparation, dont la BO idéale a été écrite par un belge faussement branleur et vraiment génial. Un plat de nagori à déguster en écoutant Ha ha heartbreak de Warhaus.

Glace vanille et fleur d’oranger

Biberonné depuis sa plus tendre enfance à la glace vanille, le Pianomandoline s’approprie ce véritable héritage familial en y ajoutant quelques gouttes d’eau de fleur d’oranger pour le faire voyager en Orient. C’est ainsi que les recettes se transmettent, se font, se défont et se renouvellent. Comme l’écho d’une conversation entre Arthur H et Jacques Higelin, comme un dialogue entre parent et enfant, cette glace nous raconte : « va le plus loin, le plus loin possible… c’est le destin du voyageur ».

Asperges blanches et condiment à la moutarde

Proposer des asperges blanches cuites à la vapeur avec un lait caillé à la moutarde n’est ni un poison d’avril ni une recette qui part en vrille, mais un geste d’amour. Entre cuisine de cœur et souvenir de confinement, cette assiette unique ne doit pas être mise à l’écart : elle a comme un goût de « cactus de Sibérie ».

Cookies noisette, café et chocolat au lait

Prologue de l’Évangile selon Boris : Au commencement était le cookie, et le cookie était avec Jacob, et le cookie était Jacob… Parce que la rondeur de la noisette est chatouillée par l’amertume du café et la fraîcheur des épices, ce cookie, fruit de l’amour des petits biscuits et de la haine de la sous-cuisson, est à déguster en se délectant de la voix androgyne de Jacob Lusk et du mélange hybride de R&B et de gospel concocté par le trio baptisé Gabriels.